3 films soviétiques incontournables

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Vous êtes quelques uns à me demander quels sont les films russes emblématiques, afin de découvrir un cinéma encore méconnu – puisque très rarement diffusé ! Les médias et l’école ne transmettent en effet de la culture soviétique que les dissidents, alors que tant de créations artistiques de qualité ont été produites et aimées et constituent le patrimoine culturel des pays de l’ex URSS…

Je vous propose aujourd’hui une petite liste personnelle de 3 films que je vous recommande absolument de voir ! 

Tout d’abord, je dois dire qu’en Russie, toutes les occasions sont bonnes pour chanter et vous le verrez, il y a souvent des chansons dans les films – en tous cas, les films de l’époque soviétique ! Et tout le monde les connaît. Ces films sont à leurs manières des comédies musicales.

1 – L’Ironie du sort (Ирония судьбы, или С лёгким паром!) est un film soviétique d’Eldar Riazanov en deux parties, tourné en 1975, et diffusé à la télévision pour la première fois le 1er janvier 1976. C’est d’ailleurs LE film culte que les russes regardent à chaque réveillon, un peu comme un La grande vadrouille en France ! L’Ironie du sort a connu un très grand succès (100 millions de téléspectateurs à la première diffusion), et a reçu le Prix d’État de l’URSS en 1977.

3 films soviétiques incontournables, l'Ironie du sort
Андрей Мягков и Барбара Брыльска в фильме “Ирония судьбы”

L’Ironie du sort est précédé d’un film d’animation satirique réalisé par Vitaliy Peskov sur la standardisation excessive de l’habitat soviétique. Ce dessin animé trouve un écho dés l’ouverture du film dans les méditations ironiques de Pavlik, qui traverse en autobus des quartiers où poussent ces nouvelles constructions moscovites pour se rendre chez Génia et l’inviter au bania.

Evgueni Loukachine (Génia), notre héros, chirurgien de profession, s’apprête à fêter la veille du Nouvel An avec sa fiancée Galia dans son nouvel appartement : Troisième rue des Bâtisseurs, immeuble 25, appartement 12, où lui et sa mère ont emménagé la veille (nous sommes en pleine période soviétique !). Génia, qui est un célibataire endurci, se prépare à faire sa demande en mariage, sous la pression de Galia. Avant de fêter le Nouvel An, Génia se rend au bania comme le veut la tradition, avec ses trois amis, Pavlik, Sachka et Michka. Tous les quatre boivent beaucoup, notamment en l’honneur des futures noces de Génia. Avant de se séparer, ils vont à l’aéroport, car Pavlik doit se rendre à Léningrad. Mais au moment de monter dans l’avion, Sachka et Michka, qui sont ivres, installent par erreur dans l’avion Génia, à moitié endormi…

Le réalisateur : Eldar Alexandrovitch Riazanov (Эльдар Александрович Рязанов), né le 18 novembre 1927 à Samara et mort le 30 novembre 2015 à Moscou, est un spécialiste des comédies ! Son Ironie du sort est un film culte pour plusieurs générations de cinéphiles dans toute la Russie et au-delà ! Eldar Riazanov a reçu le titre honorifique d’Artiste du peuple de l’URSS en 1984.

Nadia : Barbara Brylska. Cette actrice polonaise a été rendue célèbre dans son pays par le film L’anatomie de l’amour sorti en 1972. Ce film a été projeté sur les grands écrans soviétiques, non sans quelques coupes ! Après l’Ironie du sort, c’est la grande star de l’URSS ! Dans le film c’est la célèbre chanteuse Alla Pougatchiova (Алла Пугачёва) qui la double.

Génia : Andreï Miagkov. Sous la pression de ses parents, il fait ses études à l’Institut d’État de technologie de Leningrad puis travaille à l’Institut de recherche industrielle. Toutefois, sa passion pour le théâtre le pousse à tout abandonner, afin de passer le concours d’entrée de l’École-studio du Théâtre d’Art académique de Moscou. Il intègre la classe de maître de Vassili Markov. Diplômé en 1965, il devient acteur du Théâtre Sovremennik, qu’il quitte en 1977, pour le Théâtre d’art de Moscou. Après la dissolution de la troupe de MKhAT en 1987, il suit rejoint le Théâtre d’art Anton Tchekhov. Il est décoré de l’ordre de l’Insigne de l’Honneur en 1998 et de l’ordre du Mérite pour la Patrie en 2003. Il est lauréat du prix théâtral russe Tchaïka en 2004.

Ci-dessous le film en 2 parties ! Installez-vous bien et préparez-vous au rythme des années 70…

2 – Moscou ne croit pas aux larmes (Москва слезам не верит) est un mélodrame de 1979 produit par Mosfilm. Il a été écrit par Valentin Tchernykh et réalisé par Vladimir Menchov. Les rôles principaux sont tenus par l’épouse de Menchov, Vera Alentova, et par Alexeï Batalov.

Moscou ne croit pas aux larmes est l’histoire de trois amies qui vivent dans un foyer, dans le Moscou des années cinquante, et qui prennent des chemins de vie très différents. Antonina s’est mariée, elle élève des enfants et aime son mari. Lioudmilla considère Moscou comme une ville de tous les possibles qui lui permettra de trouver le bonheur. Quant à Katerina, elle a élevé sa fille en terminant ses études, a travaillé et est devenue directrice d’une usine chimique. C’est alors qu’elle tombe amoureuse d’un homme ayant, tout comme elle, une forte personnalité…

moscounecroitpas

Moscou ne croit pas aux larmes est un immense mélodrame aux chansons envoûtantes, qui présente la façon de vivre de toute une génération quand, à la fin des années 1950, de nombreux jeunes des villes de province vinrent s’installer à Moscou ! Le 20e anniversaire du film, en 1999, a donné lieu à de nombreuses manifestations dans toute la Russie.

Le réalisateur : Vladimir Valentinovitch Menchov, (Владимир Валентинович Меньшов) né le 17 septembre 1939 à Bakou (Azerbaïdjan), célèbre pour dépeindre dans ses films la vie de monsieur tout-le-monde. Comme beaucoup de personnalités du cinéma en Russie, il a étudié à l’école de cinéma VGIK. Sa filmographie comme acteur est plus abondante que comme réalisateur mais c’est en tant que réalisateur qu’il est récompensé pour Moscou ne croit pas aux larmes d’un Oscar du meilleur film étranger en 1980.

Katerina : Vera Valentinovna Alentovaера Валентиновна Алентова), née à Kotlas (oblast d’Arkhangelsk) le 21 février 1942 est une actrice russe et soviétique. Née dans la famille d’acteurs Valentin Bykov et Irina Alentova. Vera Alentova arrive à Moscou en 1961. Elle étudie l’art dramatique au Théâtre d’art de Moscou dans la classe de Vassili Markov. Diplômée en 1965, elle intègre la troupe du Théâtre Pouchkine de Moscou. La même année elle débute au cinéma, dans le film Jours des vols d’Igor Vetrov. Depuis 2009, avec son époux Vladimir Menchov, elle dirige une classe de maître à l’Institut national de la cinématographie (VGIK ). En 2011, ils jouent ensemble dans la pièce Amour. Lettres (Любовь. Письма) dans une mise en scène de leur fille, Youlia Menchova, au Théâtre Pouchkine.

Voici un lien vers Alexandra, l’une des célèbres chansons du film, composée et chanté par le mythique Sergueï Iakovlevitch Nikitine (Сергей Яковлевич Никитин). Nikitine est né en 1944. Il a travaillé longtemps avec sa femme Tatiana Nikitine, avant qu’ils ne se séparent. Ils sont particulièrement connus pour leurs compositions de musiques pour enfants et leurs bandes originales de films ! 

3 – Les douze chaises (Двенадцать стульев) de Léonid Gaïdaï est une pure comédie ! Produite pour la télévision en 1971, élue Meilleure comédie au festival National de l’Union Soviétique à Tbilissi en 1972. Les douze chaises est adapté du roman éponyme d’Ilf et Petrov. Cette comédie renversante est un regard sur l’histoire de Russie post-révolutionnaire et les premières années de l’Union Soviétique.  

Souvenez-vous ! J’avais publié à la fin de ma vidéo du micro-trottoir un extrait de ce film à propos d’une phrase en français très connue de tous les russes « je ne mange pas six jour », qui est une réplique culte du film (utilisée dans la vie par tous ceux qui veulent montrer qu’ils (mé)connaissent le français 🙂

Après la révolution 1917, Ippolite Matveevitch Vorobianinov apprend que sa tante mourante a caché le trésor familial dans l’une des 12 chaises qui leur appartenaient. Or, les chaises ont été confisquées avec le reste du patrimoine de la famille pendant la révolution, et dispersées au quatre coin du pays.  Alors qu’il se lance dans cette quête au trésor, Ippolite rencontre Ostap Bender, un jeune homme infatigable qui devient son allié. Rusé, intelligent, improvisateur, et doué d’un talent criminel certain, Ostap devient le cerveau du duo, d’autant qu’il est animé d’une volonté de fer pour trouver ce trésor. Ostap et Ippolite sont prêts à tout (créer une fausse association caritative, se faire passer par des peintres, jouer aux echecs avec une foule enragée, Ostap ira même jusqu’à épouser une veuve qui possède l’une des 12 chaises ). Parallèlement un prêtre, le père Fedor, mis au courant par la confession de la mourante de cet étrange secret, se lance dans la même recherche du trésor…

Les_Douze_Chaises Le réalisateur : Leonid Iovitch Gaïdaï (Леонид Иович Гайдай), né en 1923 à Svobodny, mort en 1993 à Moscou, est l’un des plus grands réalisateurs soviétiques. Il jouissait d’une immense popularité en Union soviétique et reste aujourd’hui encore très célèbre en Russie. Son film Le Bras de diamant (1968) a été vu à sa sortie par 76,7 millions de spectateurs dans l’Union soviétique. Au moins neuf de ses films ont totalisé chacun plus de 50 millions d’entrées en salle.

Ostap : Archil Gomiachvili (Арчи́л Миха́йлович Гомиашви́ли), né à Tchiatoura (actuellement en Géorgie) le 23 mars 1926 et mort le 31 mai 2005 à Moscou, est un acteur soviétique qui a reçu le titre d’Artiste du Peuple en 1966. Son nom est à jamais associé au personnage d’Ostap Bender.

Ippolite Vorobianinov : Sergeï Filippov (Сергей Филиппов) Né en 1912, Sergeï Filippov commence sa carrière en dents de scie à la fin des années trente. En 1965 il est opéré d’une tumeur cérébrale. Il a néanmoins continué à travailler avec ferveur et en 1971 il incarne Kisa Vorobyaninov dans le film d’anthologie Les douze chaises. Il est honoré du titre d’Artiste du Peuple en 1974.

Voici donc LA comédie, en deux parties !

J’espère que, comme les français de mon entourage, vous avez apprécié ces films et ces chansons, et que je vous ai donné envie d’en voir et d’en entendre plus encore ! N’hésitez pas à me faire vos retours d’expérience !

14 Responses to "3 films soviétiques incontournables"
  1. J’ai vue deux des films que vous citez Ania; j’ai beaucoup appreciè l’Ironie du sort le scénario est vraiment original;ces une bonne comédie et une belle histoire d’amour.Ces regrettable que le cinéma Russe ne soit pas plus présent sur nos écrans car franchement y a des très bon films! Le second film dans vôtre liste que j’ai regardé ces les douze chaises, j’aime moins que l’ironie du sort ,ces plus burlesque! il existe une ” Ironie du sort 2 ” (ces un film récent)et franchement ces à éviter!!

  2. Merci Ania, c’est une excellente idée que de parler du cinéma russe éternel, toutes époques, du début jusqu’à aujourd’hui. Quelle injustice que de voir présentées toujours les mêmes fadaises sur les chaines occidentales. La Russie est riche en artistes. Chacun pourrait choisir.

  3. il parait que Warren Beatty avait fait un film de 3 H RED? début de la révolution de 1917 ? mais ce film a peu etait diffuser en europe limite censurer ?

  4. Excellent Ania
    je ne les connaissais pas. Mosfilm met en lignes un certain nombre de films dont certains sont sous titrés en français ou en anglais.
    Pour ma part j’ai constitué une petite filmothèque de réalisateurs connus et classiques en occident (Eisenstein, Tarkovski, Mikhailov, Lounguine…)

  5. “L’ironie du sort”, c’est toutes les années avant le jour de l’an… même si je ne comprends pas grand chose, au final j’ai réussi à saisir le sens du film, même si mon épouse m’a expliqué la majeure partie.

  6. Bonjour Ania
    Quel beau travail vous faites !!:O)
    Avec vous on apprend plus qu’une langue, on tombe en amour avec l’âme Russe…
    Je suis encore trop débutant pour regarder les films en Russe sans sous-titres.
    Mais avec sous-titres, après plusieurs visionnements j’arrive à comprendre presque tout !

  7. dans le nouveau cinema russe cette fois-ci je tiens à signaler le talent plus qu’excellent!! de Mikhael Segal : J’ai vu ces 3 films ! 3 Chef d’oeuvres , je l’ai vu un Festival de cinema russe à Paris : j’etais quand un enfant devant son idole ( et pourtant je n’ai jamais reagit comme tel, lors de mon adolescence))). Mais serieusement :
    Franz+Polina , Recits, et Film pour Andreiv ! A voir à tout prix

  8. Slt ania j’ai bcp ta façon d’enseigner le russe.en faite j’aimerai bien que vous nous indiquer des films russes avec des sous titres en français ou des dessins animés titrés également

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